Humanitarian Networks and Partnerships Weeks 2026 : quels défis pour l’aide humanitaire ?

Entre réflexions stratégiques et nouveaux défis du secteur

La CSI a participé à l’édition 2026 du Humanitarian Networks and Partnerships Weeks, à travers plusieurs sessions organisées en ligne et en présentiel. Cet événement incontournable du secteur humanitaire a, une nouvelle fois, rassemblé une grande diversité d’acteurs autour des enjeux majeurs qui façonnent l’avenir de l’aide internationale.

Parmi les thématiques clés abordées cette année, deux axes ont particulièrement retenu l’attention de la CSI : la localisation de l’aide et le respect du droit international humanitaire (DIH), notamment en matière de protection des civils et des travailleurs humanitaires.

L’urgence, c’est la mise en œuvre effective de la localisation

Les discussions autour de la localisation ont mis en lumière un constat partagé : malgré les engagements pris ces dernières années, notamment dans la continuité du “Big Bargain”, le système humanitaire peine encore à opérer une transformation en profondeur. Les pratiques actuelles continuent de reposer sur des modèles occidentaux, alors même qu’un recentrage sur les acteurs locaux apparaît indispensable.

Il ressort de ces échanges la nécessité de repenser en profondeur les outils et indicateurs utilisés, afin de mieux refléter les réalités du terrain. Les organisations locales ne doivent plus être perçues comme une alternative, mais comme des acteurs centraux de la réponse humanitaire. Plus largement, l’ensemble de la société civile est reconnu comme légitime pour contribuer à la gestion des crises.

Trois priorités structurantes ont été identifiées :

  • Revoir les rôles et simplifier les mécanismes : cela implique de valoriser les acteurs locaux et alléger les procédures administratives et les exigences de reporting.
  • Partager la gouvernance : une prise de décision plus inclusive, intégrant pleinement les organisations locales dans les espaces de pilotage et de plaidoyer.
  • Rendre les ressources accessibles : un partage plus équitable des financements et des moyens pour favoriser la participation des communautés et renforcer leur capacité d’action.

Ces discussions ont traduit la volonté de passer d’un système centré sur les acteurs occidentaux à un modèle véritablement collaboratif et ancré localement.

Ces orientations s’inscrivent dans la continuité des réflexions portées lors de Soliway, réaffirmant la nécessité de passer d’un système centré sur les acteurs occidentaux à un modèle véritablement collaboratif et ancré localement.

Retrouvez le replay de la conférence de Soliway

Protection des civils et DIH : un impondérable collectif

Les échanges relatifs au Droit international humanitaire ont souligné un autre enjeu majeur : la protection des civils et des travailleurs humanitaires dans un contexte de plus en plus complexe et instable.

Un consensus fort se dégage, il n’est plus possible d’improviser. La mise en place de dispositifs de protection ne peut plus être considérée comme optionnelle, mais doit devenir une priorité institutionnelle pour les organisations. Cette évolution implique également un changement de responsabilité, la sécurité ne peut plus reposer uniquement sur les individus, mais doit être pleinement portée par les structures elles-mêmes. Les discussions ont également insisté sur l’importance de développer des modes de collaboration adaptés avec les forces de l’ordre locales, afin de renforcer la sécurité tout en préservant les principes humanitaires.

Toutefois, si la prise de conscience est bien réelle, les acteurs reconnaissent qu’il n’existe pas encore de solution structurelle, applicable et réplicable dans tous les contextes. Le secteur se trouve ainsi dans une phase de transition, entre lucidité sur les défis et recherche de réponses concrètes en cours.

Le DIH sera au cœur de l’atelier doctoral de la CSI qui se tiendra le 17 novembre à Annemasse. Ce temps fort sera l’occasion de découvrir les travaux de recherche de cinq doctorants et de mettre en perspective leurs résultats face à la réalité du terrain qui sera incarné par leurs « jurys/mentors » respectifs.

Transformation du secteur

Au-delà de ces thématiques, plusieurs sessions ont abordé l’adaptation du secteur humanitaire face à l’émergence de défis multiples politiques, financiers, sécuritaires et structurels. La question des transitions de carrière dans le secteur a notamment été évoquée, illustrant les transformations en cours dans les métiers de l’humanitaire. Ces discussions ont mis en lumière un paradoxe, malgré un engagement fort et constant des acteurs, les réponses aux enjeux actuels restent encore en construction.

Pour plus d’informations sur la transition de carrière rejoignez notre programme de zooms métier

De nombreux défis à relever :

Si les échanges ont permis de dégager des constats partagés et des pistes d’évolution, ils ont également souligné l’importance de passer des concepts théoriques aux actions concrètes.

Dans un contexte en constante évolution, marqué par une multiplication des crises, des espaces de dialogue comme les HNPW apparaissent plus que jamais essentiels pour faire émerger des solutions durables, collaboratives, inclusives et adaptées aux réalités du terrain.